D'Ollagüe à Uyuni a travers les salars de Chiguana et d'Uyuni

(4 au 11 juin 2017 - 290km - 543m de D+ - Alt max : 3764m)

Notre arrivée sur le sol Bolivien se fait sans difficultés. Nous arrivons à 14h à la frontière, pas de chance le poste ne réouvre qu’à 14h30…la pause repas c’est sacré ici ! Une fois ouvert le douanier est sympa, il nous tamponne nos passeports et nous laisse partir sans fouiller les sacoches...2mn au lieu des 1h30 passées pour entrer au Chili…on est ravis !

 

Les premiers coups de roues sur le sol Bolivien sont un peu compliqués, la route est absolument pourrie. Une piste de terre, pleine de trous qui nous secoue dans tous les sens. On nous avais dit que la Bolivie était « le pays sans asphalte »…on commence à craindre que ce soit vrai ! Objectif du soir, le village abandonné de Chiguana. Nous étant trompé de route, nous finissons nos 5 derniers Kms en coupant à travers le salar et là... c’était magique ! Traverser cette immense étendue lisse, entre sel et terre, à perte de vue procure une sensation de liberté, d’unicité assez intense. Arrivés à Chiguana on s’installe dans l’arrière pièce de l’ancienne gare : un petit coup de balais, une petite réparation de la fenêtre cassée avec un 2 bouts de tôle et on peut installer bâches et matelas pour la nuit !

 

 

Le lendemain on continue à traverser le salar direction la 1ère ville Bolivienne : San Juan.  Le passage du salar à la ville ne fait pas de différence…pas un chat dans les rues…on dirait une ville abandonnée ! On semble voir des gens sur la place principale, on y va et en effet…tout le monde était là ! Des jeunes habillés en gardes, en gentleman, un couple en costumes royaux avec tous les gens autour prenant des photos...On pensait a un mariage. Mais un homme clamait des choses parlant de Paris, Versailles, Montesquieu et fini par montrer une carte de France. On est en fait tombés sur une pièce de théâtre sur l’histoire de France…improbable ! On assistera à la prise de la bastille et l’énumération des différentes tortures de l’époque en mangeant de bonnes petites empanadas :D On profite d’être proche du salar pour dormir dans un hôtel fait 100% en sel du sol au plafond. Notre journée de repos sera occupée à glander, faire des lessives, réparations et surtout...cuisiner !! Crêpes, chappattis, frites maisons, légumes sautés…On adore quand on trouve un hôtel avec accès à la cuisine <3

 

 

La météo a décidé de continuer à nous mettre des bâtons dans les roues. Le jour où nous pensions partir pour le salar, le ciel est très chargé et il neige légèrement. Hors de question de faire la magnifique Salar d’Uyuni sous un ciel gris. Nous partons de San Juan pour dormir un peu plus proche du Salar dans le village de Colcha K. Seulement 35kms nous séparent de ce village, mais le vent de face violent continu à nous mettre à l’épreuve…décidément il ne nous laissera jamais celui-là ! On croise nos premiers lamas en liberté, avec leur position droite très digne et leurs petites décorations attachées aux oreilles…ils sont magnifiques ! Nous trouvons à Colcha K une auberge tenue par une petite mamie (Bertha) et son mari (Ignacio) très sympathiques. On la verra dans l’après midi tisser une ceinture pour sa petite nièce sur son métier à tisser fait maison avec quelques morceaux de bois et d’os de lama.

 

Après 1 jour de repos ici la météo se découvre enfin…à nous le fameux salar d’Uyuni ! Après 25km sur une piste plutôt bonne nous tournons sur une étendue de terre entrant sur le salar. On descends de cette petite route et nous voilà pédalant sur cette grande étendue de sel à perte de vue. On s’attendait à des craquelures sur le sol (comme sur les photos !) rendant l’avancée en vélo un peu difficile mais c’est finalement sur une surface lisse comme une boule de billard que nous pédalons. Avec l’effet d’optique du sel les îles environnantes semblent flotter dans l’air, on a la sensation de traverser un paysage d’un autre temps.  On craignait de croiser plein de 4x4 touristiques mais notre 1ère journée de traversée direction l’île d’Inkahuassi se fera complètement seuls sur le salar. Malgré qu'aucune route n'existe vraiment sur le salar (chacun trace son propre chemin!) on n'a pas de mal à se repérer, l'ïle d'Inkahuassi se voit de loin et en cas de doute, notre application maps.me nous confirme qu'on est sur le bon chemin. Un petit pic Nic au milieu de nulle part et on se remet en route direction l’île pour y planter la tente pour la nuit.

Arrivés là bas on y croise 2 cyclistes hollandais avec qui on était à San Juan, mais aussi 2 français et 1 ukrainien…une vraie colo de vélos ! L’île est bien sûr également pleine de touriste mais pour notre plus grand bonheur à 17h, tous les tours s’en vont pour dormir ailleurs et il ne reste que nous, les cyclistes, et la famille qui vit sur l’île…la magie peut commencer ! On installe les tentes sur ce sol de sel et on profite du coucher de soleil magnifique et l’arrivée du ciel étoilé. Bon…pas trop longtemps car il fait frais, on se met vite dans les duvets !

Le petit déjeuner du lendemain ne sera aussi magique, dès le lever du soleil les 4x4 débarquent et les touristes affluent dans tous les sens. On est assis par terre à prendre notre petit déjeuner à coté des tentes au milieu de ce passage sans fin. On à l’impression d’être comme des SDF dans la folie de la ville, à la seule différence que nous on attire l’attention des gens. Le froid et le monde nous poussent à partir vite. On embarque avec nous Pim & Ellen les 2 hollandais. Petite pause repas et photos classiques du salar (ben oui, on est des touristes nous aussi quand même :D) et on se remet en route. 100km nous séparaient de la ville d’Uyuni, ça a été une grosse journée avec une fin plutôt difficile (la sortie du salar s’est transformée en marais de sel et d’eau puis en boue…ça nous apprendra à vouloir quitter le chemin principal pour couper au plus court !). 

On nous avait présenté la ville d’Uyuni comme une ville sans intérêt, un simple point de passage pour le salar. On en a eu une vision totalement différente. Le lendemain de notre arrivée on tombe sur un grand marché de fruits/légumes/vêtements/outils en tout genre avec des femmes vendant des plats dans la rue…voilà enfin l’Amérique du Sud que l’on cherchait ! Fini les supérettes et supermarchés, on trouve ici la vie et la tradition qu’on attendais ! Il est vrai que les extérieurs de la ville ne sont pas magiques magiques mais le centre a quelque chose de sympa avec sa tour blanche comme neige plantée au milieu de ces petits immeubles plutôt foncés et ses wagons de trains et statues de mécaniciens sur le terre plein de l’avenue principale.

En arrivant d’Argentine et du Chili en tout cas, cette ville a quelque chose !

 


D'Uyuni à Sucre par Potosi, plus haute ville du monde

(12 au 23 juin - 247km - 2860m de D+ - Alt max : 4163m)

La sortie d'Uyuni n'est pas des plus simples. Juste aux portes de la ville nous attendent 2 belles côtes bien raides. Mais le jeu en vaut la chandelle, derrière nous attendaient 20km de pente douce nous poussant à 50km/h sans pédaler !! Le kiff suprême. On avait l'impression d'être en scooter, on n'avait même pas besoin de pédaler dans les petites côtes, on perdait à peine de vitesse ! Les paysages étaient divins entre montagnes et vertes vallées, le tout sur une magnifique route asphaltée... Le paradis des cyclistes ! 🚴‍♀️ Nous traversons ensuite des plaines remplies de lama (zut...ça s'est signe qu'il fait chaud la nuit !) jusqu'au petit village de Tica Tica où l'on installe le campement pour la nuit derrière un mur (le vent souffle !) à côté du Rio (source d'eau pour le repas). Alors qu'on s'était préparés psychologiquement à affronter les côtes nous menant jusqu'à la ville de Potosi plus haute ville du monde perchée à 4090m... Ce sera finalement en bus qu'on y arrivera. La nuit a Tica Tica, la maladie me foudroie, je suis clouée au matelas ! On laisse partir Cyril, je me repose un peu et on prends tant bien que mal un bus avec Jo direction Potosi. Ce bus qui était une libération (bien que j'étais tellement pas bien c'était une horreur je voulais mourir dans le bus !) il ne l'a pas été jusqu'au bout arrivés à Potosi, la station de bus était située sur la partie milieu/basse de Potosi alors que le centre (et notre hôtel par la même occasion) était dans la partie haute. 2km avec plus de 100m de D+ alors que j'étais déjà incapable de pousser mon vélo sur du plat... On attache les vélos ensemble et Jo part en mule devant alors que j'essaye tant bien que mal de l'aider (et surtout de rester debout et en vie !). Après 30/45mn de supplice je m'allonge enfin dans une chambre d'hôtel dont je ne bougeait pas avant presque 24h.

Après 4 jours de pause suite à des maladies consécutives Moi puis Jo puis Moi on reprends enfin la route direction Sucre (se dit "soucré" en espagnol) , LA CAPITALE ! , mais pas en grande forme. La sortie n'est pas des plus agréable...routes toujours en pente (pas douce du tout !) avec les minibus et voitures qui nous crachent leur fumée au visage...on a l'impression d'avoir fumé 4 paquets de clopes ! Pas mal pour la remise en forme 🤤

Mais une fois sortis de tout ça, de beaux paysages et de l'air pur s'offrent à nous. En plus, on fera plein de belles rencontres sur ce chemin. Tout d'abord Ulrich, un allemand vivant à Sucre avec sa femme péruvienne, que l'on croise sur la route alors qu'il faisait lui aussi Potosi/Sucre (mais en VTT avec juste un sac à dos). Il nous propose de venir tous les 3 dormir chez lui quand on arrivera à Sucre... Adorable !  A peine quitté Ulrich on entre dans le village de Bentazos pour y faire notre pause repas et on y rencontre Israël, un cyclotouriste Brésilien. C'est tous les 4 que l'on reprendra la route après manger. 

Après une belles étape de 102km avec 717m de D+ tout en étant encore un peu malade, c'est un peu sur les rotules que l'on arrive à Millares pour y chercher un lieu de campement. 

Lorsqu'on installe nos 3 tentes le soir sur le bord de rivière, on a un peu la sensation d'être en colonie 😊

Une 2e grosse journée nous attends jusqu'à Sucre, et ça a pas été de la tarte. 3 côtés nous attendent. Une 1ère petite qui nous amène jusqu'à Puente Mendez, un magnifique ancien pont pédestre en planches de bois et câbles, avec à ses 2 extrémités 2 grandes arches signes de portes de château. On jouit à côté d'une superbe vue sur le Rio et la vallée. Une belle excuse pour une petite pause avant d'entamer la Vilaine côte jusqu'au village de Yotala. Et pour être Vilaine elle l'a été (800m de D+), et après elle une dernière belle afin de bien nous épuiser 😊

On fini par arriver à Sucre ou un bon jus d'orange frais nous requinquera ainsi qu'une bonne petite bouffe de stand de rue. On arrive dans l'après midi chez Ulrich et Theresa où on est accueilli chaleureusement. On y restera 5 jours avec Jo pour s'y reposer et y fêter mes 31 ans. Alors que Cyril nous quittera au bout de 2jours pour continuer seule (après plus d'1 mois à pédaler ensemble mine de rien !).

Cette toute petite capitale (juste administrative, la capitale économique est La Paz... Bien plus grande !) nous a beaucoup plus. Appelée la ville blanche, son centre est en effet constitué de bâtiments blanc, dans certains endroits on se croirait même en Grèce ! 

On a aimé : ce mix entre ville calme et marché très animé, les personnes déguisés en zèbres qui font la circulation tout en en dansant et aident les personnes en difficulté à passer, sa quantité incroyable de jeunes qui investissait la place centrale à chaque sortie d'école, son marché centrale avec étales de fruits, fromages de brebis, viandes, pains, gâteaux, jus de fruits...On a adoré son délicieux restaurant Thai qui nous a fait nous évader un peu du poulet/riz/frite bolivien. 

Hélas l'effet grosse ville entraîne aussi la pauvreté. Nous voyons pour la 1ère fois des personnes dans la rue et ce sont hélas des enfants. Les trottoirs des rues du centre sont remplis de dessins à la craie, fait par des enfants pauvres pour récolter quelques bolivianos. 

Après s'être bien reposés et avoir fait une petite sortie vélo avec Ulrich dans les hauteurs de Sucre, il est temps pour nous de reprendre la route.