De San Antonio de Los Cobres (Argentine) à San Pedro de Atacama (Chili) - La cordillère des Andes, aussi magnifique que rude

(15 au 19 mai 2017)


Après avoir traversé une 1ère partie de la cordillère des Andes entre La Poma et San Antonio de los Cobres tous les 2, c’est à 5 que nous faisons la 2e partie. Nous avons croisé à San Antonio Mad & Jerem, un couple de français qui partaient pour faire le même chemin que nous, puis quelques heures plus tard Cyril un autre français…allons y tous ensemble !!

 

Etre 5 a été un gros point fort pour traverser ces montagnes ou le vent et le froid ne nous ont pas épargnés. Durant ces 6 jours de traversée où nos altitudes oscilleront entre 3800m et 4600m, les températures nocturnes oscilleront elles entre -8° et -15° (ça fait mal quand on est en tente !!) et en journées on avoisinera les 10° malgré le soleil (le vent froid ne pardonne pas !).

 

Mais pour notre plus grand bonheur, les argentins et les chiliens nous ont accueillis, réchauffé et parfois même nourrit…de quoi garder le moral haut malgré la rudesse de la traversée.

 

Tout a commencé à Catua, le dernier petit village avant la frontière Argentine/Chili après 3 jours de route. Alors que nous étions dans une Almacen (épicerie) pour nous recharger en nourriture pour les 3 prochains jours, Guadalupé, la tenancière, nous invite à manger tous les 5 chez elle à midi, elle a de la soupe et des pâtes à la viande lama…Quel bonheur ! La chaleur de la pièce additionnée à celle du repas et de nos échanges nous remonte à bloque après une matinée bien difficile entre vent violent et piste sablonneuse infernale. Et puis, c’est la 1ère fois qu’on goute du lama !!  Le soir même, nous seront accueillis par les douaniers Argentins au poste frontière. Ils nous ouvriront un dortoir (avec chauffage s’il vous plaît !) et l’accès à la cuisine…pour un cycliste c’est le paradis ! (il ne manquait que la douche chaude mais n’en demandons pas trop ! :D). Le lendemain, rebelote, après une dure journée à faire 34km seulement en 6h30 tellement le vent était dur et les côtes pentues, nous seront accueillis dans un ancien refuge de mineurs gardé par 2 hommes. Ils nous offriront des lits à l’abri du vent et du froid au moment où la neige est partout autour de nous ainsi qu’une cuisine pour se réchauffer et manger. Merci à eux, nous en avions besoin plus que jamais.

 

Au delà de ces accueils, les paysages rencontrés ont rendu notre traversée de la cordillère mémorable ! Du côté Argentins, des salars avec en fond les montagnes jaunes et roses,  en arrière plan les sommets enneigés. Mais le plus éblouissant était le côté Chilien, pédaler entourés de neiges avait déjà un côté magique mais nous sommes arrivés au nirvana lorsque nous avons longé des lagunes gelées d’un bleu glacial sur fond de volcans enneigés auxquels s’accrochaient quelques petits nuages donnant l’impression qu’ils fumaient. La laguna Aguas Calientes et ses piedras rojas (Pierres rouges) offrait un panel de couleur éblouissant : sol en pierres rouges, lagune bleu glacial et montagnes noires en manteau blanc de neige.

 

Malgré la richesse des paysages, nous seront bien heureux d’arriver à San Pedro de Atacama dont l’altitude (2500m) nous permet de profiter de nos soirées (quand il faisait -8° dehors dans les montagnes on était dans les duvets dès le coucher du soleil vers 18h30 !), ressentir à nouveau la chaleur du soleil et même être en t-shirt des fois !

Dans la cordillère des Andes, on aura expérimenté des nuits où il fait en dessous de 0° dans la tente, on aura su goûter au plaisir simple d’avoir un lieu à l’abri et un lit,  on en aura pris plein les yeux avec les lagunas, on aura su se dépasser physiquement et mentalement, on aura apprécié la force du groupe pour se soutenir dans les moments difficiles, on aura subit la malédiction des pistes de sable qui ralentissent et fatiguent mais on aura eu le bonheur de croiser la gentillesse l’accueil argentin comme chilien.

La fameuse Ruta 40 – De Villa Union à San Antonio de Los Cobres - Eblouissante entre déserts, oasis et cordillère des Andes

(24 avril au 14 mai 2017)


On en a beaucoup entendu parler, nous y voilà…la fameuse « Ruta 40 » (se dit « routa couarenta »), route qui traverse l’Argentine du Nord au Sud sur sa partie Ouest. 5500 km à travers xx régions…Cette route mythique est très controversée, magnifique pour certains, la pire expérience de cycliste pour d’autres. Ce qui fait sa controverse c’est son vent fort qui rend la vie dure quand il est de face et ses pistes très sablonneuses sur certaines portions qui compliqué fortement le pédalage ! Une route nationale qui a encore des parties en terre/sable !

 

On passera 21 jours sur la Ruta 40, dont 6 jours de pause, on y fera exactement 973,9km, traversant 2 régions (La Rioja et Salta).

 

Cette Ruta 40 nous en aura fait voir de toutes les couleurs dans tous les sens du terme. Elle aura mis nos jambes et notre moral a dure épreuve ! Sur 15 jours pédalés nous avons eu 9 jours de vent de face et souvent violent. (Eh oui, le vent vient du nord, on n’avait pas trouvé l’info avant d’y venir…maintenant on l’a !). Et le vent de face, ça change la vie d’un cycliste. Ca divise parfois par 2 la vitesse,  ça vous envoie du sable violement au visage au point de ne plus pouvoir avancer, ça vous renverse dans les cotes, bref…ça peut transformer votre journée de vélo sympathique en véritable enfer ! Elle nous a faite passer par notre plus haut col en vélo pour le moment, l’« Abra Del Acay »,  4972m de hauteur…on a fait plus haut que le mont blanc…à vélo !! Mais qu’est ce qu’on a lutté, c’est la chose la plus dure physiquement et mentalement que l’on n’ai jamais faite. Et le vent nous a mené la vie très dure pendant cette ascension qui était déjà dure.

 

Mais la Ruta 40 nous aura aussi éblouis pas ses paysages magnifiques, les plus beaux depuis le début de notre voyage et les plus changeants. Traversant des déserts parsemés de petites oasis, des canyons, des paysages mélangeant en 1 seul coup d’œil : dunes jaunes sable, oasis verte, roches ocres et montagnes noires en manteau de neige blanc et pour finir…la cordillère des Andes et ses cols majestueux.

 

Sur la Ruta 40 on aura vu notre plus beau ciel étoilé après une bonne douche chaude naturelle aux Termes de Quebrada, on aura eu une arrivée éblouissante sur l’Oasis d’Angastaco après avoir traversé des canyons, on aura enfin rencontré une forte culture autochtone qui nous avait manqué  jusque là en Argentine, avec des petits marchés et vendeurs de rues, on aura croisé pas mal de cyclistes (et partagé 5 jours de route avec un, Luc), on aura découvert la culture des vignes en toit et on aura eu une vue extraordinaire sur les toits de la cordillère des Andes…en bref, la Ruta 40 nous a fait mal mais nous a fait rêver par dessus tout !

 

On la recommande très fortement a tout cycliste (du moins sur la partie qu’on à faite), même si elle peut vous mener la vie dure elle vaut le coup. Et contrairement aux craintes que l’on peut avoir, l’eau se trouve assez facilement sur cette route (rivières, maisons, villages, etc…) nous avons dut 1 seule fois demander l’eau à une voiture car le vent de face ne nous a pas permis de faire les 88km entre 2 villages.

 

La région de la Rioja – Le désert et l’arrivée sur la Ruta 40

(17 au 23 avril 2017)


La passage de la région de Cordoba à la Rioja est visuellement radical ! A peine le panneau passé le paysage devient désertique et les cactus poussent de toute part. Les 1ères villes croisées n’ont pas grand intérêt. Chamical dont on retiendra seulement le petit hôtel très mignon où nous poserons nos sacoches pendant 2 jours pour nous reposer après avoir fait une journée intensive à 160km. Patquia qui était notre étape pour aller vers le parc national de Talampaya sera pour nous la ville où on a campé juste devant chez les flics. Pas très joli mais au top question sécurité ! Et on se fera même servir de l’eau chaude directement sur notre lieu de campement ! Après une journée de grandes lignes droites monotones l’arrivée à Talampaya par le parc national El Chiflon est absolument magnifique (bien plus beau pour nous que le fameux Talampaya d’ailleurs !). Nous nous coucheront et réveilleront avec en vues ses montagnes aux 3 couleurs de roches parfois écharpées comme si elles avaient été coupées comme une part de gâteau (vision d’une gourmande !:D). La traversée de Talampaya bien que monotone nous offre quelques plaisirs comme une nuit en plein désert, la vue de quelques animaux : renards, lamas et Mara (ou « lapins aux gros culs » comme on les nomme) vivants, mais aussi vaches et chevaux morts (le désert ne pardonne pas !) ou encore un passage de paysage lunaire. Le seul point d’intérêt de ce parc national était en fait un canyon qui n’était accessible que par excusions (qui coutent bonbon !!), interdit d’y aller solo avec nos vélos. Des canyons on va en croiser des tas sur notre routes, tant pis pour celui-là nous on nous accepte avec nos vélos ou rien ! La journée de sortie quant à elle se fera en 3 étapes. Step 1 – Simple et efficace, 20km de plat trankilou enchaîné en peu de temps. Step 2 – Sablonneux et douloureux, 25km de piste de sable pas compact du tout où on s’enfonce et on devient fou. Ces 25km devaient être la détente avant la grosse montagne…ils nous ont séché ! Step 3 – Ca pique mais c’est magique, on attaque les montagnes et une fois de plus c’est pour notre plus grand plaisir. Les paysages sont à couper le souffle. La montée se fait  au milieu de montagnes rouges aux formes ciselées. Après une nuit de repos proche du sommet (et non au sommet pour éviter le vent), la descente sera un pur bonheur également. Les 10 premiers km sont tellement pentus que nous montons jusqu’à 52,6 km/h. Les 25 autres km de descente bien que moins pentus seront tout aussi plaisants, arrivés en bas on ne savait presque plus ce que c’était de pédaler ! Après 10 petits km de plats nous arrivons à la ville de Chilecito. Ces 2 premiers jours sur la fameuse ruta 40 ont été plus que plaisants…voyons ce qui nous attends pour la suite !

 

La région de Cordoba – Le début de la montagne…Et de l’émerveillement !

(9 au 16 avril 2017)


Notre arrivée à la ville de Cordoba est toute particulière, pas parce que nous y arrivons en bus pour la 1ère fois, mais parce que cette ville nous plaît d’entrée…pour une fois ! Des parcs, une zone piétonne dans le centre très mignonne, la place centrale San Martin avec une magnifique cathédrale, des petits bars sympas…on est pas éblouis éblouis mais on est ravis de voir enfin une ville qui nous plaît…et c’est que le début de la région de Cordoba ! Dans la petite ville de Jesus Maria à 70km au nord de Cordoba ciudad nous sommes accueillis chez Horacio et Mathilde (dans les grandes villes, plutôt que de camper nous recherchons à être hébergés grâce à la plateforme internet « Warmshower » qui est l’équivalent de Couchsurfing mais spécial cyclistes, c’est parfait pour avoir des conseils sur le pays !). Horacio est un grand cyclotouriste aussi et il nous conseille de traverser les Sierras (montagnes) de Cordoba pour rejoindre la route 40 plutôt que descendre vers Mendoza comme nous avions prévus…dépaysement garantie. Il ne nous avait pas menti, ces 5 jours de traversée ont été extraordinaires. Des paysages éblouissant et constamment changeant entre les montagnes couleurs dunes, celles à la verdure tellement dense qu’on se croyait dans Jurassic parc, les cascades et les petits ruisseaux coulant dans les prairies verdoyantes comme au pays de Candy. Nous en prenons enfin plein les yeux !! Les montées sont rudes mais comme on dit souvent « valle la peina » ! On goûtera au plaisir de nos premiers vrais campements en pleine nature et en bord de rivière (parfait pour se laver et avoir de l’eau pour la cuisine) et de nos premiers feux de camps. Entre 2 chaînes de montagnes nous passons par la ville de La Falda. L’arrivée a été plutôt magique pour nous. Déjà, après avoir lutté dans les montagnes nous tombons sur un restaurant magnifique qui faisait des burgers extra (avec fromage de chèvre !) et des bières artisanales, mais nous continuons notre arrivée au travers de la route des artisans…une sorte de paradis de hippie qui ravis nos yeux par la beauté des maisons et de l’artisanat qui s’y vend. Après la 2e chaîne de montagnes et ses merveilles nous redescendons de notre petit nuage pour revenir vers des villes un peu moins intéressantes en passant par la région de La Pampa (qui porte bien son nom !). A Villa de Soto nous aurons tout de même le plaisir de croiser une bolivienne qui vendait ses pâtisseries maisons dans la rue. Il est temps pour nous de quitter cette région pour découvrir celle de la Rioja et très bientôt la fameuse Ruta 40 !

De la frontière Argentine à Cordoba, la région d’Entre Rio – Entre lignes droites et villes sans charme

(1er au 8 avril 2017)


Nous voilà en Argentine…et pour cette partie, le titre en dit beaucoup ! En effet, les paysages que l’on croise n’ont rien d’extraordinaire. De longues lignes droites avec des champs et des champs et ce qu’on à appelé des villes/routes…ou la ville est littéralement construite autour de la nationale qui la coupe et qui constitue sa rue principale. Pas de place centrale, des fois même pas d’autres rues…Bref, On n’est pas vraiment charmés ! Les villes plus grandes comme Gualeguay, Gualeguaychu (on a mis au moins 2 jours à retenir ce nom digne d’un dieu Indien !), Victoria ou Rosario présentent davantage d’intérêts mais rien de bien folichon. On retiendra de Gualeguay…rien…cette ville n’a été qu’une grosse galère pour nous. Gualeguaychu a par contre été un paradis, non pour la beauté de la ville, mais pour la douceur de nos hôtes. Nous avons passé 2 nuits chez un couple d’Argentins d’une 60aine d’année. 1er diner avec leur fils et leur belle fille,  qui sont revenus le lendemain pour un petit déjeuner crêpes françaises et un 2e dîner accompagné d’un spectacle privé d’amis à eux qui sont guitariste et chanteuse et nous ont fait l’honneur de quelques chansons.  On retiendra de Victoria notre 1ère interview, (diffusée au journal local le soir même !), un poisson de rivière (du boga), cuit au BBQ dans une petite bicoque, absolument délicieux et la gentillesse hallucinante (une fois de plus) des Argentins. Un couple que nous croisons dans un parc nous indique que le passage que nous souhaitons prendre pour aller à Rosario est interdit au vélo (route étroite + vent fort + gros trafic = danger). Ils vont à Rosario demain et nous proposent de nous y emmener avec les vélos et en priment nous offrent une chambre dans leur hôtel et nous invitent à manger le midi même et le lendemain…si si…ça existe ! :O Et pour finir on retiendra de Rosario ses bonnes bières artisanales et ses glaces à tomber…et tellement peu chères ! On y a croisé aussi une espèce plutôt rare en Argentine…une VEGAN ! Nous lui vouons un grand respect car même pour Coline qui mange très peu de viande, la nourriture Argentine tournant presque que autour de ça, c’est dur de l’éviter !

 

Côté nourriture cette partie de l’Argentine est assez similaire à l’Uruguay : empanadas, Milanesa, burgers, pates…et pour la consommation de maté aussi d’ailleurs ! Victoria tire son épingle du jeu avec le magnifique poisson qu’on a dégusté.

 

Et question chien on note que la quantité est aussi importante qu’en Uruguay mais la particularité est qu’il y en a moins dans les maisons et plus dans la rue. Mais ces chiens errants sont ceux de personne et de tout le monde en même temps. Ils sont adorables et très câlins et se font nourrir par tout le monde. A chaque lieu où l’on dort nous avons donc notre « chien du soir ». Ce qui, à vrai dire, nous fait de la compagnie car dans tous les campings où nous dormons nous sommes presque seuls…bien qu’il fasse dans les 25/30° ici, pour eux c’est l’automne, il n’y a donc personne !

 

Las des longues lignes droites, on décide de prendre un bus à Rosario pour nous faire passer les 500km de champs de soja (qui en plus sont sponso Monsanto/Bayer pour la plupart…de quoi nous foutre de mauvais poil ) qui nous séparent de Cordoba. Ce ne sera pas sans peine car les vélos ne sont normalement pas autorisés en bus, il faut les envoyer par camion à coté…On s’arrange avec le mec qui charge les différents bus et ça passe. Comme quoi, quand il n’y a plus de solution, il reste la corruption !!